Hannah Lou est une jeune stagiaire internationale, actuellement postée en Ouganda. Dans le cadre de son travail, elle s’est rendue dans le nord du pays pour rencontrer les participants au programme MECPU et a produit ce court métrage sur les enseignants qu’elle a rencontrés.
Regardez son film et poursuivez votre lecture pour découvrir ses réflexions sur cette expérience.
Au début de mon stage, un collègue et moi avons fait 12 heures de route au nord de Kampala vers la région du Nil occidental pour une semaine de travail sur le terrain.
Lors de mon premier jour à Yumbe, j’ai rencontré le professeur Fred Sabo. Il était l’un des 80 enseignants de toute la région qui s’étaient réunis pour une visite scolaire, afin d’observer les structures, l’environnement et le travail dans une école sélectionnée. Ces pairs enseignants partageraient ensuite leurs observations, en identifiant les forces de l’école et en soulignant les éléments à améliorer. Ayant moi-même une certaine expérience dans le secteur de l’éducation au Canada, j’ai trouvé très instructif et enrichissant de voir les éléments qui sont au cœur d’une éducation de qualité et sûre en Ouganda. La sécurité de l’aire de jeux extérieure, l’hygiène des salles de bains et l’engagement des enseignants dans leurs leçons étaient certains de ces éléments à l’ordre du jour.
L’enseignant Fred n’était pas très vocal, mais tout au long de la journée, je l’ai vu prendre des notes détaillées, prendre le temps d’observer les détails et formuler soigneusement ses opinions. Parmi les 40 enseignants que j’ai rencontrés ce jour-là, il était selon moi un des plus engagés et réfléchis.

Lors de ma dernière journée dans la région du Nil occidental, j’ai eu l’occasion de visiter l’école Kuluva – une école maternelle soutenue par le Programme pour la petite enfance dans les madrasas en Ouganda (MECPU) à Arua. Les enfants jouaient à l’extérieur sous la surveillance de quelques enseignants. Les apprenants profitaient pleinement du temps libre pour s’amuser. Un enseignant semblait être le plus impliqué avec les enfants – il les poussait sur les manèges, amenait les autres à glisser, les encourageait à partager le matériel de jeu. À ma grande surprise, c’était Fred!
Après la pause dîner, j’ai eu l’occasion de l’interviewer et d’en apprendre davantage sur les défis supplémentaires auxquels il est confronté en tant qu’homme qui joue un rôle souvent considéré comme féminin, selon les normes socioculturelles locales. Fred a également souligné que, traditionnellement, de nombreux enseignants utilisaient la peur et les châtiments corporels comme moyens de contrôle en classe, créant ainsi des environnements défavorables à l’apprentissage et à la construction de relations. Après notre entrevue, je l’ai suivi en classe, où j’ai vu son comportement naturellement calme changer pour engager énergiquement les enfants dans des activités d’apprentissage actif, y compris par la célébration et le renforcement positif. Quelle joie de le voir utiliser ces compétences ludiques qu’il avait apprises durant les formations du MEPCU. L’intention de ces activités était claire : créer un environnement d’apprentissage accueillant et amusant.
Après avoir passé un certain temps dans la classe de Fred, je suis sortie pour interviewer la professeure en chef, Florence Driciru. Même après plus de 40 ans de travail en éducation de la petite enfance, Florence respire autant de passion que Fred. Elle a été en mesure de me donner un aperçu plus holistique du chemin parcouru par cette école.
Avoir la chance de s’asseoir avec ces enseignants et d’entendre parler de l’impact du soutien du MECPU sur leur enseignement et sur la relation des enfants avec l’école a été un grand privilège. La fierté de Florence pour la croissance de son établissement au fil des ans m’a fait sourire, et ce, dès le début de notre conversation.

Dès que nous sommes rentrés dans la voiture après nos adieux, j’avais hâte d’appeler mes parents et ma sœur pour partager avec eux ce dont j’avais été témoin ce jour-là. Je ne pouvais pas garder cette histoire pour moi. J’ai ressenti un besoin fort de créer quelque chose qui non seulement montrerait l’impact local du MECPU. Je voulais aussi montrer à quel point il est motivant et responsabilisant pour ces enseignants d’acquérir de telles connaissances, car cela les outille pour produire des résultats remarquables.
Chaque aspect de cette première expérience dans la création d’une vidéo d’histoire d’impact a été grandement enrichissant. Cela m’a mise au défi de développer ma propre vision et de clarifier les messages clés que je voulais transmettre à chaque étape du processus de production – des entrevues au montage final. J’ai dû faire le choix difficile d’exclure de l’entrevue de nombreux moments très touchants. Cependant, un apprentissage clé pour moi a été l’importance primordiale d’un montage judicieux – définir et ne pas s’éloigner d’un scénario complet qui communique un message clair et inspirant sur l’importance de l’engagement, du succès et de l’impact significatif.
Ce projet en dit long sur l’une des valeurs que je défends : chaque personne que vous rencontrez dans votre vie a quelque chose à vous enseigner. J’ai appris plus sur l’éducation, les principes pédagogiques et la culture ougandaise locale en parlant avec Fred et Florence que je n’aurais jamais pu en apprendre sur Google. J’ai appris l’importance fondamentale de toujours agir avec une intention prudente et comment cela peut transformer les petits gestes et les connexions en un impact formidable – comme on l’a vu à l’école Kuluva.
Bien que j’aie beaucoup appris grâce à mes interactions avec l’enseignant Fred et l’enseignante principale Florence, je dois dire que les plus grandes leçons de mes visites à l’école sont venues des enfants que j’ai eu le privilège de rencontrer et de photographier. Ils m’ont rappelé que l’apprentissage est une grande joie et que la curiosité est la clé de la croissance. De ce point de vue, je suis immensément reconnaissante pour les opportunités de découvertes quotidiennes, d’expériences révélatrices et d’apprentissage constant qui m’ont été offertes dans le cadre de mon stage.

Hannah Lou fait partie des quelque 600 jeunes Canadiens qui ont participé au Programme de stages pour jeunes en développement international.
