Le leadership en perspective : Aaron Joshua Pinto

Le leadership en perspective est une série de profils de participants au Programme de leadership mondial de la Fondation. Des artistes, des philanthropes, des cadres en finances et des médecins, voilà quelques-uns des dirigeants mondiaux de la Fondation. Ils sont tous déterminés à renforcer le rôle du Canada dans la résolution des problèmes mondiaux et locaux et dans la création d’un monde plus prospère, pacifique et pluraliste.


Photo gracieusement fournie par Aaron Joshua Pinto.

Aaron Joshua Pinto est un diplomate canadien et le représentant du gouvernement de l’Ontario pour le commerce et l’investissement à New York. Il dirige la présence internationale de l’Ontario dans le nord-est des États-Unis. Il se concentre sur la diplomatie commerciale, la promotion des intérêts économiques, l’établissement de partenariats transfrontaliers et le conseil aux entreprises sur l’expansion mondiale. Auparavant, Aaron a été délégué commercial au Consulat général du Canada à New York, où il a aidé des entreprises technologiques à croître à l’échelle internationale. Visitez notre page sur le Programme de leadership mondial pour en savoir plus sur Aaron Joshua.


AKFC : Qu’est-ce qui vous a amené à faire carrière en diplomatie?
Aaron Joshua Pinto :
Je pense que cela a commencé sur un canapé à la maison, pendant un programme de nouvelles de 18 heures que je regardais avec mon père. Il s’asseyait à côté de moi et m’expliquait le monde, pays par pays. Il m’aidait à comprendre non seulement ce qui se passait, mais aussi pourquoi.

Enfant, j’aimais la diversité – la musique étrangère, les sous-titres de films que je ne pouvais pas encore lire, les accents qui ne ressemblaient pas au mien. J’ai été attiré par l’idée que les gens partout trouvaient leurs propres façons de résoudre les mêmes problèmes. Et plus j’apprenais, plus je réalisais à quel point nous sommes tous semblables sous la surface.

Cette curiosité – ce mélange d’émerveillement et d’empathie – ne m’a jamais vraiment quitté. Pour moi, la diplomatie n’est qu’une version adulte de cette même pulsion : écouter, apprendre et trouver le fil conducteur qui relie des personnes en apparence très différentes.

 

AKFC : Qu’est-ce qui vous motive?

AJP : Créer quelque chose à partir de rien. C’est ce qui me motive.

J’adore les moments où une idée se transforme en action – quand on met en relation deux personnes, deux organisations, deux mondes, et que quelque chose d’inattendu commence à prendre forme. Qu’il s’agisse d’aider une entreprise ontarienne à découvrir un nouveau partenariat à l’étranger qui ouvre des portes à la croissance, d’appuyer un accord économique renouvelé entre la province et l’État, d’aider une entreprise new-yorkaise à investir et à créer des emplois en Ontario, ou de réunir des cadres à Boston qui ont déjà étudié dans la province – ce sont les étincelles qui me permettent de continuer.

La résolution de problèmes tangibles, la recherche d’opportunités et les relations qui découlent de ce travail : voilà ce qui maintient mon enthousiasme. La diplomatie est souvent invisible – mais lorsqu’une conversation mène à la collaboration, lorsque le potentiel se transforme en substance et en progrès, c’est à ce moment-là que l’on se souvient pourquoi on le fait.

Photo gracieusement fournie par Aaron Joshua Pinto.

 

AKFC : Qu’est-ce qui vous a inspiré à postuler pour le Programme de leadership mondial?

AJP : J’ai postulé parce que je voulais sortir de ma bulle un peu.

Ma vie quotidienne tourne autour du commerce et de l’investissement – établir des relations commerciales transfrontalières, principalement entre l’Ontario et les États-Unis. C’est rapide, fascinant et profondément continental, mais il est facile de se retrouver pris dans sa propre orbite.

Le Programme a été l’occasion de sortir de cet univers connu. Pour voir le monde sous différents angles, apprendre de personnes qui s’attaquent aux défis nationaux et mondiaux en matière de développement, de gouvernance et d’innovation sociale. Je voulais élargir mes horizons : passer de la vision des systèmes mondiaux à travers le prisme des accords et de la diplomatie commerciale, à leur compréhension plus profonde grâce aux personnes et aux objectifs.

Ce qui m’a également attiré, c’est le fait que le programme met l’accent sur un leadership réfléchi dans un monde complexe – sur le fait d’outiller les gens pour les aider à affronter l’incertitude avec de l’action et de l’espoir. Je voulais élargir à la fois ma vision des choses et mes compétences, et explorer à quoi ressemble le leadership lorsqu’il relie les secteurs, les disciplines et les perspectives. Après tout, le leadership intersectoriel est ce qui définira notre époque.

 

AKFC : Avez-vous des questions ou des curiosités que vous avez hâte d’explorer dans le cadre du programme?

AJP : Je suis curieux de savoir comment le leadership fonctionne dans un contexte d’incertitude – comment les gens établissent la confiance, s’adaptent et collaborent lorsqu’il n’y a pas de manuel clair.

Je veux explorer comment les idées voyagent : comment une politique, un partenariat ou une nouvelle façon de penser dans une partie du monde peut inspirer le changement ailleurs. Je m’intéresse particulièrement à la façon dont les organisations – qu’il s’agisse de gouvernements, d’entreprises privées ou d’ONG –  peuvent collaborer plus efficacement lorsque leurs motivations et leurs cultures ne sont pas parfaitement alignées.

Je m’intéresse essentiellement à la façon dont nous créons du sens dans le travail mondial – comment nous continuons de miser sur l’empathie, la créativité et la curiosité, même lorsque les systèmes qui nous entourent rendent cela difficile.

 

AKFC : Y a-t-il autre chose que vous aimeriez ajouter?
AJP :
J’ai toujours cru que la diplomatie, au fond, était une question de connexion – de se voir dans l’histoire de quelqu’un d’autre.

C’est ce qui m’enthousiasme dans ce programme. Pas seulement ce que je pourrais apprendre, mais avec qui je pourrais l’apprendre. Parce que chaque fois que nous rassemblons des gens – de différents endroits, disciplines ou perspectives –, nous créons quelque chose de plus grand que la somme de ses parties.

Cette entrevue a été réalisée avant la tenue du Programme de leadership mondial de 2025 à Ottawa. Elle a été modifiée à des fins de longueur et de clarté.


Aaron Joshua Pinto fait partie de la cohorte 2025-2026 du Programme de leadership mondial de la Fondation Aga Khan Canada.