Le leadership en perspective : Barbara Balfour

Le leadership en perspective est une série de profils de participants au Programme de leadership mondial de la Fondation. Des artistes, des philanthropes, des cadres en finances et des médecins, voilà quelques-uns des dirigeants mondiaux de la Fondation. Ils sont tous déterminés à renforcer le rôle du Canada dans la résolution des problèmes mondiaux et locaux et dans la création d’un monde plus prospère, pacifique et pluraliste.

 

Photo gracieusement fournie par Barbara Balfour.

Au cours de ses voyages dans plus de 50 pays, Barbara Balfour a rigolé avec des lutteurs de sumo à Tokyo, fait du pain dans les montagnes de Géorgie, dansé la salsa sous les étoiles à Cuba et avalé avec hésitation des larves de bourdons dans le restaurant classé numéro un au monde, au Danemark. Barbara est une écrivaine, rédactrice en chef, formatrice en médias, animatrice de télévision et productrice, et son travail a été publié dans la BBC, ELLE, The Economist Group, Fodors, Frommer’s, TimeOut, People et tous les quotidiens du Canada. Pour en savoir plus sur Barbara, veuillez consulter notre page sur la cohorte 2025-2026 du Programme de leadership mondial.


AKFC : Qu’est-ce qui vous a amenée à faire carrière dans le journalisme et la communication?

Barbara Balfour : J’ai été élevée par des bibliothèques publiques. Pendant que d’autres enfants allaient à des cours de piano ou des entraînements de hockey, je rapportais chez moi des montagnes de livres presque aussi grands que ma petite personne de neuf ans. Mon don pour raconter des histoires est devenu mon passeport vers différents mondes, et ce, bien avant que je puisse me permettre un billet d’avion.

Mes parents immigrants stricts considéraient l’écriture comme un passe-temps charmant au mieux, un aller simple vers le chômage au pire. Cela a duré jusqu’à la fin de mon adolescence, lorsque je suis tombée sur un stage d’été dans un quotidien. C’est à ce moment que j’ai découvert une vérité à la fois glorieuse et rebelle : les mots pouvaient changer des vies… et payer le loyer.

Le journalisme faisait appel à la part curieuse et sans gêne de ma personnalité. Je voulais comprendre les rouages des gens et du pouvoir, je voulais savoir qui sont ces personnes que la société néglige et pourquoi certaines tendances explosent pendant que d’autres s’essoufflent. Les communications sont entrées dans ma vie plus tard, après des années passées dans des salles de rédaction à apprendre à poser les bonnes questions et à montrer au public pourquoi il devrait se soucier de ces questions. Cela m’a aidée à perfectionner une autre compétence vitale : créer du changement de l’intérieur, pas seulement faire des reportages sur l’extérieur.

Les deux domaines visent le même but : révéler ce qui est caché et aider les gens à faire sens d’un monde complexe grâce à la narration.

Barbara Balfour sur le plateau en tant qu’animatrice et productrice de l’émission Ottawa Experts with Barbara Balfour. Photo gracieusement fournie par Barbara Balfour.

AKFC : Qu’est-ce qui vous motive?

BB : Je poursuis ces moments où une histoire ouvre une porte à quelqu’un.

Je pense aux universitaires qui poursuivent d’importantes recherches ou aux petites entreprises que j’ai décrites et qui m’ont dit plus tard que mes articles les avaient aidés à obtenir du financement et à faire croître leurs équipes. Ou une émission de télévision sur la santé mentale que j’ai produite et animée, qui a incité des gens à m’écrire pour me dire qu’ils s’étaient sentis vus pour la première fois. Ou une formation médiatique que j’ai donnée à des soldats de l’OTAN en pré-déploiement pour les aider à explorer les nombreuses façons de raconter une histoire tout en conservant sa vérité.

Puis il y a les secousses personnelles qui m’encouragent, malgré tout, à croire encore en la magie. Comme dîner à Tokyo et me faire accueillir dans le monde des lutteurs de sumo. Ou découvrir le goût des larves de bourdons dans le meilleur restaurant du monde. Ou faire du stop dans les Balkans et découvrir que le chauffeur était né le même jour qu’un de mes bons amis, et dans la même ville. Ces liens surprenants avec des gens qui semblent si différents de moi en surface renouvellent ma foi en l’humanité et me rappellent pourquoi je reste curieuse. 

Ces moments comptent aussi tellement parce que le chemin créatif exige un niveau presque olympien de confiance en soi. Gérer sa propre entreprise offre une grande liberté, mais devoir constamment prouver sa valeur peut être épuisant. Le travail créatif reçoit rarement le même respect que le travail d’un dentiste, par exemple, et l’expertise est trop souvent remise en question. Les jours difficiles, je me rappelle qu’une bonne histoire aide les gens à se sentir moins seuls. C’est ce qui me pousse à continuer et c’est pourquoi je traîne mon ordinateur portable d’un continent à l’autre à la recherche de la prochaine étincelle.

AKFC : Qu’est-ce qui vous a inspirée à postuler au Programme de leadership mondial?

BB : Le programme rassemble ce qui me tient le plus à cœur : la citoyenneté mondiale, la narration axée sur les solutions et la chance de collaborer avec des penseurs brillants qui sont tout aussi obsédés que moi par les grandes idées.

Il y a tellement de bruit dans le monde. Je veux couper court en racontant des histoires qui mettent en évidence ce qui fonctionne au lieu de seulement raconter ce qui ne fonctionne pas : un journalisme qui donne aux lecteurs des possibilités et des solutions tangibles, plutôt que de les effrayer.

Ce programme offre une structure, du mentorat et une communauté qui partage cette mission. J’y ai vu une occasion irrésistible de perfectionner mon art tout en formant le genre de partenariats qui peuvent susciter de réels changements.

Barbara Balfour a voyagé dans plus de 50 pays. Photo gracieusement fournie par Barbara Balfour.

AKFC : Y a-t-il des questions que vous avez hâte d’explorer dans le cadre du programme?

BB : Absolument. Par exemple : la psychologie de l’appartenance – quels liens permettent aux gens de sortir de l’isolement, et comment peuvent-ils être reproduits au-delà des frontières?  L’argent et le comportement humain : comment les récits culturels sur la richesse et l’économie peuvent-ils façonner les inégalités, et comment les recadrer peut-il mener à des résultats différents? Confiance interculturelle : qu’est-ce qui fait que des inconnus peuvent devenir des alliés? Quels enseignements voyagent bien d’une communauté à l’autre? [J’espère aussi explorer] de nouveaux modèles de narration : pouvons-nous construire un modèle durable de journalisme qui soit à la fois rigoureux et empreint d’espoir?

La plupart du temps, j’ai hâte d’apprendre des autres membres de la cohorte – des gens qui regardent le même monde que moi, mais qui remarquent des constellations complètement différentes en raison de leurs expériences de vie uniques et magnifiques.

Cette entrevue a été modifiée à des fins de longueur et de clarté.


Barbara Balfour fait partie de la cohorte 2025-2026 du Programme de leadership mondial de la Fondation Aga Khan Canada.