Visages du leadership : Celina Caesar‑Chavannes

Visages du leadership est une série d’entrevues avec les participantes et les anciennes du Programme de leadership mondial de la Fondation Aga Khan Canada. Des artistes aux philanthropes, en passant par les cadres financiers et les médecins, les leaders mondiaux de la Fondation sont tous déterminés à renforcer le rôle du Canada dans la résolution des problèmes mondiaux et locaux et dans lédification dun monde plus prospère, pacifique et pluraliste.

 

Celina Caesar-Chavannes est une leader visionnaire qui travaille à lintersection des neurosciences, du leadership et de la transformation sociale. Actuellement doctorante en neurosciences à lUniversité Queens, ses recherches explorent l’influence des processus cognitifs et émotionnels sur le leadership, les processus décisionnels et la réalisation de son plein potentiel. Elle applique ces idées dans le cadre de lInstitut du leadership éveillé (TALI), quelle a fondé en 2024 pour doter les individus et les organisations de stratégies fondées sur les neurosciences pour un leadership authentique, favorisant la conscience de soi, le bien-être et la transformation. Pionnière en politique, Celina a été députée de Whitby, où elle a occupé des postes clés, notamment celui de secrétaire parlementaire du premier ministre Justin Trudeau et de ministre du Développement internationalPour en savoir plus sur Celina, visitez son site Web. 


Fondation : Pour commencer, pourriez-vous vous présenter et nous dire ce que vous aimeriez que les gens sachent à votre sujet?

Celina Caesar-Chavannes : Je m’appelle Celina Caesar-Chavannes et je suis neuroscientifique. La plupart des gens me connaissent en tant qu’ancienne politicienne, mais cela fait des années que j’étudie le cerveau, et c’est là que j’ai commencé ma carrière. Ce que je veux que les gens sachent le plus sur moi, c’est que j’aime le cerveau. Bien que la politique semble consommer une grande partie de mon énergie, elle a occupé moins de 10 % de ma vie. Je suis beaucoup plus qu’une politicienne.

 

Fondation : Comment a commencé votre engagement avec le Programme de leadership mondial?

CCC : J’ai reçu une invitation il y a deux ans pour participer [au programme pilote]. J’étais très intriguée, parce que lorsque j’étais secrétaire parlementaire pour le développement international, j’avais beaucoup d’interactions avec la Fondation Aga Khan Canada. J’ai donc vu dans cette invitation une excellente occasion de m’engager davantage auprès de la Fondation et d’en apprendre davantage non seulement sur son travail, mais aussi sur le leadership mondial. Bien sûr, comme tant d’autres, quand je suis arrivée, je me suis dit : « Qu’est-ce que je fais ici? Je ne suis pas qualifiée pour être dans cette salle avec ces gens! » Mais cette pensée s’est vite dissipée parce que nous avions tous les mêmes doutes. C’était d’une grande occasion d’apprentissage, et la camaraderie a été extraordinaire. [Nous sommes devenus] une famille.

Celina et deux autres anciens de la cohorte 2024, Amaan Ismail (à gauche) et Clifford Musquash. Comme Celina, Clifford est retourné à Ottawa en 2025 dans le cadre du Programme de leadership mondial. Crédit : Justin Van Leeuwen/ Fondation Aga Khan

 

Fondation : Vous êtes retournée au Programme en tant que membre du corps professoral en novembre 2025. Comment avez-vous vécu cette expérience?

CCC : C’était super de revenir. C’était fou pour moi que toutes ces personnes si intelligentes allaient m’écouter parler… J’étais pétrifiée! Mais vous savez qu’ils vont vous poser des questions difficiles, et c’est correct. C’est le but du programme de leadership, les défis font partie du jeu. On nous pousse constamment à penser différemment. Il s’agit simplement d’établir des relations et de comprendre que vous appartenez, que j’appartiens, que nous appartenons tous et toutes à ce monde. Et que, en tant que leaders, nous avons la capacité de prendre des décisions vraiment importantes qui peuvent changer la vie des gens.

 

Fondation : Qu’espérez-vous que cette cohorte retire de votre séance?

CCC : J’espère que les participants en retireront une meilleure compréhension de nos mécanismes décisionnels. J’aimerais que face à ces situations VUCA [caractérisées par la volatilité, l’incertitude, la complexité et l’ambiguïté], nous ne nous remettions pas en question et n’ayons pas peur de notre capacité à avoir un impact réel.

Celina dirige une séance du Programme de leadership mondial à Ottawa, en novembre 2025. Crédit : Justin Van Leeuwen/ Fondation Aga Khan 

 

Fondation : Qu’est-ce qui vous motive?

CCC : Je dirais notre capacité à établir des liens. Bon nombre des réactions que nous observons sont motivées par des sentiments d’isolement et de peur. L’une des façons de contourner ce problème est de créer des liens, ce qui me donne de l’espoir. Tant que nous restons en lien, en communauté, tant que nous nous souvenons que nous sommes là les uns pour les autres, nous pouvons maintenir notre humanité collective.

Celina avec des participantes du Programme de leadership mondial à Ottawa, novembre 2025. Crédit : Justin Van Leeuwen/ Fondation Aga Khan

 

Fondation : Pourquoi les programmes comme le Programme de leadership mondial sont-ils importants? 

CCC : Plus nous sommes connectés, mieux c’est. Individuellement, nous pouvons faire de grandes choses, mais collectivement, nos capacités deviennent exponentielles. Comprendre différents points de vue est un outil cognitif qui nous permet d’accroître notre humilité et notre vulnérabilité. Je pense que ce programme nous aide vraiment à reconfigurer nos cerveaux parce qu’il nous incite à nous dire : « Wow, regarde-moi tous ces gens incroyables! Qui suis-je, moi?! » Et si cela se produit dans un groupe pour lequel vous avez été sélectionné·e, cela se produira dans d’autres espaces. Cela nous donne ainsi la confiance de dire : « Je suis la lumière dont le monde a besoin. Maintenant il est temps de briller. »  

 

Cette entrevue a été modifiée à des fins de clarté et de longueur. 


Celina Caesar-Chavannes fait partie du corps professoral du Programme de leadership mondial de la Fondation, et elle est diplômée de la cohorte 2024. Veuillez cliquer ici pour en savoir plus sur le programme.