Le leadership en perspective est une série de profils de participants au Programme de leadership mondial de la Fondation. Des artistes, des philanthropes, des cadres en finances et des médecins, voilà quelques-uns des dirigeants mondiaux de la Fondation. Ils sont tous déterminés à renforcer le rôle du Canada dans la résolution des problèmes mondiaux et locaux et dans la création d’un monde plus prospère, pacifique et pluraliste.

Avi Sheshachalam est le fondateur de Calm Growth Studio Ltd., une société de conseil en sciences de la vie axée sur la gestion de l’innovation et l’éducation. Scientifique de formation, il a travaillé au Canada, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni pour traduire la recherche en produits commerciaux et établir des partenariats mondiaux. Avi est également agent principal de développement des affaires à l’École de formation continue de l’Université MacEwan, où il contribue au leadership en éducation supérieure en élaborant des programmes de formation et de perfectionnement de la main-d’œuvre qui harmonisent les besoins de l’industrie avec les compétences émergentes en IA, en soins de santé et en développement professionnel. Visitez notre page sur le Programme de leadership mondial pour en savoir plus sur Avi.
AKFC : Qu’est-ce qui vous a amené à faire carrière dans la science et l’innovation?
Avi Sheshachalam : J’ai été influencé par ma communauté, donc ça a commencé très, très jeune. Je me souviens que c’est en troisième année que j’ai commencé à penser : « Oh, c’est quelque chose que je veux faire » parce que mon ami le plus proche a abandonné l’école. Son père – qui avait un poulailler à l’époque – a fermé ses portes à cause de la pandémie de grippe aviaire, et il n’avait plus les moyens de payer les frais de scolarité de ses enfants.
Au fil du temps, j’ai commencé à remarquer cette tendance dans la communauté touchée par les crises de santé publique. Je viens du sud de l’Inde, où il y a beaucoup de maladies. Ma propre famille a été touchée par des troubles et des maladies qui peuvent être complètement évités avec de l’air propre, de l’eau salubre et des aliments sains. Je pense que cela m’a incité à réfléchir à des solutions.
J’ai donc suivi cette voie pour obtenir un diplôme en biochimie, en microbiologie et en biotechnologie, c’est-à-dire l’application de la biologie et la façon dont elle peut influencer les sciences médicales. Et, pendant ma recherche postdoctorale aux Pays-Bas, j’ai eu la chance de travailler sur les maladies qui affectaient ma communauté, comme la tuberculose et le paludisme.
J’ai toujours travaillé dans le domaine de l’innovation et du démarrage d’entreprises parce que je me sentais responsable de certaines de ces questions, et je voulais faire partie de la solution. Mais au fil du temps, je me suis rendu compte que parce que je travaillais dans des entreprises en démarrage au Royaume-Uni, en Inde, aux Pays-Bas et au Canada – et chaque entreprise a son approche du succès – j’ai commencé à apprécier toutes ces nouvelles stratégies, que j’ai maintenant la chance d’enseigner à l’école. Je travaille à titre d’instructeur et d’animateur pour le programme Lab to Market, qui est financé par le gouvernement canadien par l’entremise de son programme du Comité consultatif des sciences de la nutrition.
J’enseigne aux doctorants et postdoctorants qui viennent d’obtenir leur diplôme, au moment où leur recherche commence à se commercialiser. [Je les aide à réfléchir] à certaines questions : qu’est-ce que cela signifie de construire une entreprise? Quelles sont les étapes à franchir pour passer du laboratoire au marché? J’ai donc commencé dans le domaine des sciences pour répondre aux besoins de ma communauté, et maintenant je commence à voir un impact à une échelle plus mondiale et nationale.

AKFC : Qu’est-ce qui vous motive?
AS : Après avoir commencé à enseigner au programme Lab to Market, je me suis vraiment intéressé à l’éducation. Maintenant que je travaille dans une université dans le domaine de l’innovation, mon [travail] est directement lié à la communauté. J’écoute les demandes de la communauté, je comprends les besoins en matière de partenariat, et je comprends comment les universités ont cette responsabilité unique de soutenir la croissance de la ville et de la communauté dans laquelle nous vivons… et de répondre aux grandes questions que le pays se pose. Pour moi, l’éducation est devenue un outil que j’utilise pour répondre aux enjeux mondiaux.
Aussi, j’enseigne la musique aux enfants. Et à bien des égards, j’apprends d’eux, alors qu’ils se connectent à leur culture et à leurs racines. Je découvre comment la musique, la science et l’art dans différents formats peuvent soutenir ce sentiment d’appartenance.
AKFC : Qu’est-ce qui vous a inspiré à postuler pour le Programme de leadership mondial?
AS : Je suis venu au Canada pour faire un doctorat et j’y suis depuis maintenant dix ans, à part mon bref séjour de travail aux Pays-Bas. Et quand ma femme m’a rejoint ici, elle m’a demandé si nous pouvions rester. Nous étions à table et elle m’a posé une question qui a déclenché toutes sortes de changements dans ma vie. Je [me suis dit] : si c’est chez nous ici, alors qu’est-ce que cela signifie de donner et de recevoir de cette communauté? Qui suis-je dans le contexte de cet espace? Si je suis à la maison, qu’est-ce que j’offre exactement aux autres membres de ma communauté ici? Je pense que c’est ce qui m’a inspiré à bien des égards.

AKFC : Avez-vous des questions ou des curiosités que vous avez hâte d’explorer dans le cadre du programme?
AS : Ce que j’espère apprendre avec les autres participants, c’est comment ils se présentent comme des leaders dans leur communauté. Je pense que l’apprentissage des autres est un élément important de ce programme.
J’ai lu [une partie] du contenu du Programme de leadership mondial avant de me rendre à Ottawa, et je commence à sentir que nous parlons tous des mêmes sujets, en utilisant un
vocabulaire différent. Je pense que cet espace unique nous mettra tous et toutes sur la même longueur d’onde, de sorte que nous ayons le même vocabulaire pour dialoguer et que nous puissions également nous entendre.
AKFC : Y a-t-il autre chose que vous aimeriez ajouter?
AS : J’arrive avec une oreille attentive, donc j’espère pouvoir absorber le plus possible!
Cette entrevue a été réalisée avant la tenue du Programme de leadership mondial de 2025 à Ottawa. Elle a été modifiée à des fins de longueur et de clarté.
Avi Sheshachalam fait partie de la cohorte 2025-2026 du Programme de leadership mondial de la Fondation Aga Khan Canada.
