Bon baisers de Saint John : Une adolescente du Nouveau-Brunswick mobilise l’empathie pour lutter contre les inégalités

Ella Cusack possède un superpouvoir, mais pas du genre de ceux qu’on trouve dans les films Marvel.


Par Caro Rolando 

« J’ai toujours été plutôt timide », avoue l’étudiante de 18 ans en baccalauréat en sciences de la santé. « Et je suis aussi très sensible. » 

C’est cette sensibilité qui, dès l’école primaire, lui fait prendre conscience des inégalités autour d’elle. Ayant grandi à Saint John, au Nouveau-Brunswick, elle se souvient d’enfants qui n’avaient personne avec qui jouer à la récréation, et d’autres qui arrivaient à l’école le ventre vide. 

« Je voyais des jeunes qui ne se sentaient pas à leur place ou qui avaient l’air tristes, et j’avais vraiment beaucoup d’empathie pour eux », raconte-t-elle. 

Au secondaire, Ella réalise que ce qu’elle observe dans la cour d’école est lié à des enjeux plus vastes qui existent partout dans le monde, comme l’insécurité alimentaire, l’accès à l’éducation et la santé mentale. Plutôt que de se décourager, elle comprend que « le changement est possible si l’on se préoccupe suffisamment du problème ». 

Ella Cusack, membre du Comité consultatif des jeunes, lors d’une réunion à Ottawa, en août 2024.

Depuis, Ella combat sans relâche les disparités, que ce soit sur le plan régional ou mondial. Voici quelques-unes des façons dont elle met son superpouvoir au service du bien. 

Soutenir les personnes en situation d’itinérance 

L’été dernier, Cusack a travaillé au Coverdale Centre for Women, un organisme sans but lucratif qui soutient les femmes et les familles aux prises avec de la violence conjugale, de l’insécurité en matière de logement ou des problèmes de toxicomanie. Ella a aidé le personnel du centre avec les communications et a accompagné des femmes à leurs rendez-vous médicaux, les a aidées à faire leurs courses et à se rendre à la banque alimentaire. « Le simple fait d’être à leurs côtés m’a convaincue que c’était ce que je voulais faire de ma vie », explique Ella, ajoutant qu’elle admire les liens d’amitié que ces femmes ont tissés entre elles. « Ces femmes étaient adorables. Elles étaient hilarantes. Je pense qu’elles ont vraiment aimé qu’une personne plus jeune s’intéresse à elles et reste à leurs côtés. » 

Contribuer au bien-être communautaire par la recherche 

C’est dans le cadre d’un séminaire à l’école qu’Ella découvre le pouvoir de la recherche. Elle développe alors une passion pour le domaine et espère pouvoir faire réellement avancer les choses. Ses recherches sur la réanimation cardiorespiratoire (RCR) dans les écoles ont mené à des échanges avec la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC et le ministère de l’Éducation du Nouveau-Brunswick. « C’était vraiment génial de voir des gens qui ont réellement les moyens d’agir discuter de mon travail », dit-elle. Ella a également mené des recherches sur la violence entre partenaires intimes pendant la pandémie de COVID-19, les espèces envahissantes dans la région des Grands Lacs et les occasions économiques offertes aux femmes en situation de handicap. 

Ella Cusack et ses pairs du Comité consultatif des jeunes lors d’une réunion à Ottawa, en août 2024.

Faire partie d’un comité consultatif des jeunes  

Ella fait partie des 16 jeunes qui composent le Comité consultatif des jeunes de la Fondation Aga Khan Canada. Ce groupe veille à ce que les perspectives des jeunes soient intégrées dans l’ensemble des programmes de l’organisme au Canada. Pour Ella, l’expérience a été une véritable révélation : « Ce qui compte avant tout pour moi, c’est m’engager et collaborer avec des jeunes qui partagent mes valeurs pour provoquer un changement concret. Je suis impatiente d’entamer une carrière qui me permettra d’acquérir un large éventail de connaissances, d’avoir accès à une plus grande diversité et de contribuer à l’adoption de politiques axées sur les jeunes qui favorisent la réalisation des objectifs de développement durable ». 

Cultiver l’empathie 

Pour Ella, l’empathie est à la base de l’action sociale. « J’ai l’impression que le manque d’empathie pose vraiment problème en ce moment dans notre société, voire dans le monde, et il faut y remédier », confie-t-elle. Elle propose aux gens de prendre le temps de mieux connaître les gens de leur communauté. Cela contribue à réduire la stigmatisation, à remettre en question ses propres perceptions, à favoriser l’empathie et à faire bouger les choses. 


Cet article a été initialement publié dans « Citoyens du monde 2026 », un numéro spécial du magazine Canadian Geographic qui explore la manière dont les jeunes, les éducateurs et les communautés s’engagent face aux défis et aux opportunités mondiaux dans un monde de plus en plus interconnecté.