Cet article a été écrit par Sameer Somani et Amna Khan, membres du Comité consultatif des jeunes de la Fondation Aga Khan Canada, à l’occasion de la Semaine de la santé mentale.
À Hussaini Gojal, un petit village dans le nord du Pakistan, Atila, 14 ans, fait partie d’un mouvement de soutien en santé mentale dans sa communauté.
Tous les jours après l’école, Atila participe à des séances dans un centre local pour adolescents, un espace sécuritaire pour elle et ses pairs dans lequel ils apprennent des compétences de la vie quotidienne, comme gérer le stress et apprendre à s’exprimer.

« Si les gens deviennent eux-mêmes meilleurs, le monde sera meilleur », affirme Atila.
Des initiatives comme celle-ci, appuyées par la Fondation Aga Khan Canada et le Canada, aident les collectivités à créer des espaces sécuritaires où les jeunes peuvent trouver de la force et des liens. Atila et ses pairs apprennent à reconnaître les pratiques dangereuses, à prendre soin d’eux-mêmes et à établir des relations avec les adultes qui soutiennent leur croissance.
« La première séance portait sur les espaces sécuritaires et non sécuritaires. La séance suivante était consacrée à « Je sais que je m’aime ». Cette séance était consacrée à l’amour de soi et à la confiance en soi, raconte Atila. Si ce genre de séance n’avait pas lieu, nous ne saurions pas comment prendre soin de nous-mêmes au collège et à l’université. »
L’histoire d’Atila illustre bien un problème plus large dans le monde entier.
Aujourd’hui, la santé mentale est un défi de taille pour les jeunes partout dans le monde.
À l’échelle mondiale, un·e adolescent·e sur sept – âgé·e de 10 à 19 ans – souffre de troubles mentaux. La dépression, l’anxiété et les troubles du comportement figurent parmi les principales causes de maladie et d’invalidité chez les adolescents.
Au Canada, environ un jeune sur quatre a reçu un diagnostic de maladie mentale, mais moins de 20 % d’entre eux reçoivent les services dont ils ont besoin. Les jeunes des régions rurales ou éloignées font face à des obstacles supplémentaires causés par l’isolement géographique. Des études montrent que les jeunes des zones rurales sont bien moins susceptibles de demander un soutien en matière de santé mentale que leurs homologues urbains.
Même lorsque les services sont physiquement disponibles, de nombreux jeunes sont freinés par la stigmatisation culturelle profondément ancrée qui entoure la santé mentale. Demander de l’aide peut être perçu comme une faiblesse ou une honte, ce qui pousse de nombreuses personnes à souffrir en silence au lieu de demander de l’aide. Les rapports soulignent constamment comment les différences raciales et culturelles contribuent aux disparités dans l’accès aux soins de santé mentale. Les obstacles financiers et sexospécifiques ajoutent souvent d’autres niveaux de difficulté à l’accès aux soins et au soutien – et tous ces obstacles ne se limitent pas au Canada.

L’accessibilité des soins de santé mentale pour les jeunes est une question complexe.
Il n’y a pas un seul obstacle qui empêche les jeunes d’obtenir de l’aide – c’est une combinaison d’obstacles logistiques, financiers, sociaux et culturels. Bien que les services puissent exister, le vrai problème réside dans l’écart entre la disponibilité et l’accessibilité réelle.
Des histoires comme celle d’Atila nous montrent ce qu’il est possible de réaliser lorsque cet écart est comblé – lorsque les communautés créent des espaces sécuritaires et accueillants où les jeunes peuvent partager, grandir et s’épanouir.
« Les problèmes de santé mentale sont réels, mais l’espoir l’est tout autant. Il y a de la force à dire « J’ai besoin d’aide », et encore plus à dire « Tu n’es pas seul·e » », explique Muzdha, membre du Comité consultatif des jeunes de la Fondation Aga Khan Canada.
Que ce soit dans un petit village dans le nord du Pakistan ou dans une ville rurale du Canada, le besoin est clair : tous les jeunes doivent avoir accès à des systèmes de soutien significatifs. Investir dans la santé mentale des jeunes, ce n’est pas seulement résoudre une crise aujourd’hui, c’est aussi façonner un avenir meilleur pour nos communautés.
